Le Moulin à Eau

L’ancien Moulin à eau en 2019

Un peu d’histoire

1689 le 2 mai – A la demande du receveur de la Châtellenie de Blandy, pour son Altesse Sérénissime Madame Marie d’Orléans Duchesse DE NEMOURS, et en présence de Louis DEHUY serrurier et Jacques MASSON vigneron,

Quittance établie par Maitre BOUTILLIER, procureur fiscal du Baillage et Châtellenie de Blandy pour une baisse de loyer consentie à Jean THONNELIER et à sa femme Marie RAGAN, conséquence d’une plus-value à la prisée de 1688 par rapport à celle de 1681.

La femme Marie RAGAN, commune de biens, et son défunt mari Jean LHEUREUX, fermier aux moulins banaux, ont obtenu le bail le 29 décembre 1681, après Antoine CHARPENTIER. La prisé était alors de 1210 Livres 15 Sols (pour les deux moulins banaux).

Le bail a été poursuivi au profit de Marie Ragan et son nouvel époux Louis Thonnellier. A la sortie du bail en 1688, la prisée annonçait la somme de 1274 Livres 2 Sols.

En mai 1688 suivent Louis PRUDEAU et sa femme Marie GIRARD pour l’exploitation du moulin à eau et du moulin à vent.

Procès verbal de prisée

1723 le 9 janvier – Procès verbal de prisée. Estimation des tournans et travaillans des Moulins de Blandy réalisée par Étienne BONTEMPS, métreur de Courtomer et Jacques GITTARD, charpentier à Blandy.

Pour le Moulin à eau, son arbre tournant avec ses deux tourillons et diverses pièces est estimé à 34 Livres, la roue pourvue de ses jantes et plafond à 85 Livres, le rouet 28 Livres, le fer 20 Livres, le pallier 18 Livres, la meule gisante 78 Livres, la meule courante 7 Livres, le carré pour la meule gisante 3 Livres, les cordes 13 Livres, la volée 20 Livres, la masse 3 Livres, etc. pour un total de 326 Livres 16 Sols huit Deniers.

Pour comparaison la prisée du moulin à vent s’élève le même jour à 507 Livres 38 Deniers.

Meules anciennes d’un moulin à eau

En 1745 Plan du Moulin à eau et son Bief à Blandy – Terrier Desquinemare

Plan du Moulin à eau et son Bief à Blandy – Terrier Desquinemare

Le Biez, ancien français pour Bief, est un canal artificiel située en amont du moulin. L’énergie du moulin en dépend.

1845 Atlas Taillandier

Localisation du Moulin sur le cours de l’Anceuil (Ancoeur)

Le Moulin de la Flache (dénomination citée par Molher en 1900 pour le Moulin à eau de Blandy). Flache, nom donné au vide qui se trouve dans l’équarrissage d’une pièce de charpente. Les flaches font que les poutres n’ont pas leurs bords strictement droits. On peut dès lors comprendre ce nom d’après le tracé du ru.

PETIT LEXIQUE

pour les pièces du moulin à eau de cette prisée

Arbre tournant : l’axe de la roue et du rouet. Il est le centre du mouvement du moulin. A ses extrémités sont placés des cercles de fer avec des tourillons dans leur centre.

Roue : la grande roue reçoit l’eau. Son essieu est l’arbre du moulin, les jantes sont soutenues de leur rivet et plafond.

Fer (le gros) : l’arbre de fer supporte la meule courante.
Palier : pièce de bois qui se plie et devient élastique sous le poids de la meule.

Meules : Un moulin a deux meules de diamètre égal, posées bien de niveau. L’inférieure se nomme la gisante, la supérieure la courante. Le mouvement est activé par la lanterne et le rouet.

Meule courante : c’est la meule de dessus, la seule qui tourne.

Meule gisante : celle de dessous qui est fixée et ne tourne point.

Rouet : grande roue dentée, adaptée à l’arbre de la roue et placée parallèlement à celle-ci.

Masse : outil du meunier pour chasser les coins de braies qu’on insère entre les meules, lorsqu’on veut lever la meule courante.

Fonctionnement du moulin

Le mouvement de la roue est transmis aux meules par l’intermédiaire du rouet, pièce en bois massif. Le rouet fixé à l’arbre de la roue fait tourner la lanterne. L’axe de la lanterne ou fer de moulin traverse la meule dormante et met la meule tournante en mouvement.