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Maison face à l’église

Une suite de propriétaires, écuyers du roi, magistrats, bourgeois et artisans

Sans conteste et en ne remontant qu’au début du règne de Louis XIV, cette demeure relève d’un riche passé. Elle a connu, à deux reprises, les mêmes propriétaires que ceux du domaine de la Touretterie, son voisin.

Une propriété vouée à la noblesse de robe

Durant un partie du XVIIème siècle, elle appartient à la famille De La Planche, magistrats melunais , titulaires successifs de la charge du grenier à sel de Melun. Elle est apparentée avec les de Longeau et le seigneur de Blezy, dont le fief sur Fouju a pour siège l’Hôtel des Tournelles, l’actuelle ferme de ce nom entourée de larges fossés.

Les De la Planche sont propriétaires de l’habitation face au porche de l’église donnant sur la rue “conduisant de ladite église à la rue de la Tuilerie”, ancienne appellation de la rue du Pont Paillard ; ils sont aussi propriétaires de la Touretterie avec la ferme mitoyenne des deux habitations.

En 1656, la maison face à l’église est vendue à Jean Genty, maréchal ferrant puis cordonnier à Blandy. La description notariale du “bâtiment de sept petites travées couvertes de tuiles” comprend notamment une boutique donnant sur la rue. La preuve de la présence d’un artisan.

En 1725, suite à la succession de sa fille, Louise Genty, veuve d’un laboureur blandynois Paul Lebeau, cette habitation face à l’église est vendue à Maurice Roger (père), également laboureur à Blandy.

La dominante présence de juristes

En 1732, ladite habitation est rachetée par Benjamin Thouret, bourgeois demeurant à Blandy. Celui-ci est déjà propriétaire de la Touretterie et, pour l’essentiel, les deux propriétés fusionnent à nouveau. Il cèdera l’ensemble à Charles Guérin, le président du présidial du Châtelet de Melun, époux d’Hélène Lefebvre des Boulleaux.

La propriété donc commune à la Touretterie connaîtra de nombreux détenteurs : d’abord l’un des descendants de la riche Hélène, l’officier royal François Louis Guerin de Sercilly, puis en 1788 le très parisien avocat au Parlement, Ambroise Géraud Boudet. En 1793, c’est Jean Baptiste Pierre Martin Morisset, le greffier du tribunal de police de Paris devenu juge de paix au Chatelet, puis en 1855, Fulcrand Vernhet, également juge de paix au même lieu.

Vers 1870, l’habitation redevient distincte de la Touretterie lors de sa vente par le ménage Vernhet à Cyprien Désiré Baticle (père), cultivateur à Blandy. La maison conservera alors son autonomie.

Sur le plan de 1740, le n°2538 est la propriété d’Hélène Lefebvre des Boulleaux.