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L’Ancienne Mairie

Une étonnante mitoyenneté mairie – presbytère

C’est une des maisons les plus anciennes du village. En 1701, la “brique” ou paroisse Saint Maurice en hérite par testament de la veuve d’un tailleur d’habits de Blandy, Nicolas Decret.

Signe d’ancienneté, plusieurs os de bovins sont scellés dans les murs du jardin, un usage quasi médiéval utilisé pour soutenir le palissage de vignes ou de fruitiers, avec des supports autrement plus durables qu’en bois ou en fer.

D’abord, une propriété de fonctionnaires fiscaux et financiers

La maison et ses annexes sont ensuite transmises à un autre fonctionnaire fiscal, Noël Boult, propriétaire demeurant à Blandy mais aussi en charge du recouvrement des “Aides de l’Élection d’Évreux”, un impôt direct perçu par le Roi.

En 1723, ledit Boult vend la maison à un changeur royal demeurant à Melun, François Naive.

En 1741, les héritiers du changeur melunais vendent la maison à Joseph Guiguonnet, maréchal ferrant, un blandynois pur sucre.

En 1812, c’est une de leurs descendantes qui hérite de la propriété, Marguerite Rose Guigonnet épouse de Nicolas Jancourt négociant à Provins.

Devenue Mairie – Presbytère

En 1822, les époux Jancourt concluent une promesse de vente avec le maire de Blandy, Jean Baptiste Pierre Martin Morisset. “Pour former un presbytère, une école, et une mairie”, le Conseil municipal approuve l’acquisition de la maison qui était mitoyenne du presbytère de l’époque. La cure d’avant la Révolution proche de la grange aux dîmes n’est alors qu’un lointain souvenir.

Après quatre ans de procédure, c’est le maire suivant, Antoine Hucherard qui signera la vente en 1826. Dès lors, la municipalité siégera rue de la Fontaine jusqu’à la construction de la mairie à son emplacement actuel place des Tours dans les années 1860.

Cette maison permettra ensuite de loger des employés de la commune dont le dernier en date, le garde champêtre André Martinez avec ses mémorables “avis à la population”.

En 1978, la Commune et son Maire, Antoine Gueldry, procèdent à la vente aux enchères de la propriété, alors devenue celle de Jean-François Le Scanff.

L’un des ossements fichés dans le mur du jardin de derrière (collection JF Le Scanff)
Extrait du Plan Desquinemare de 1745 où la propriété apparaît sous le n° 2633, à l’époque celle de Joseph Guigonnet.
Le plan de l’habitation lors de l’acquisition par la commune en 1826 : le presbytère mitoyen y est mentionné.
Le presbytère d’avant la Révolution qui jouxtait la Grange aux Dîmes où était stocké l’impôt versé au clergé, soit le dixième des récoltes.